Toute langue prétend signifier le réel et c'est semble-t-il une imposture que la poésie souligne ou surligne. Ceci était vrai et ce pendant des siècles mais si les mots étaient remplacés par autre chose si grace à de nouvelles technologies, nous pouvions recréer ce réel de toutes pièces superposer plusieurs réalités augmentées avec la possibilité de choisir la sienne, nul besoin alors de le signifier, de conceptualiser, de simplifier, d'affadir la langue remplacé deviendrait directe, sans artefacts, compréhensible par tous immédiatement avec les mêmes référents et si les choses devenant plurielles informes nous dépassaient pouvant d'elles mêmes se reproduire à l'infini, se modifier interagissant les unes avec les autres. Quelle poésie pourrait naître de cet état de fait? Serait ce alors le seul point d'arrimage la seule bouée qui nous préviendrait de l'océan du néant qui serait en fait une multitude d'informations de toutes sortes engloutissant nos perceptions en un magma que l'esprit humain non augmentée ne pourrait délier, le seul lien qui nous relierait encore un peu avec ce que l'on appelait encore au vingtième siècle le monde réel? Y aurait d'ailleurs encore une place pour la poésie et plus généralement la littérature? Des histoires, des romans, des récits oui mais le reste qui me paraît essentiel mais qui n'est pas réellement saisissable et encore moins mécanique, évacué?