Je suis mort, je suis mort

Que les vers me dévorent!

L'heure d'effacer ce corps

D'en finir avec cette vie de porc

Je ne sais comment je parle encor

Car je suis mort, mort!

D'où viennent ces mots que j'adore,

Ce besoin de poésie que j'abhorre,

Ce néant glaçant que je subodore?

J'ai perdu bien des langues d'or

Dans des lieux imaginaires 

Réalité augmentée où j'erre

L'intellect chassé, congères

Leurre se substitue à l'air 

Fuir le Mal, les heurts, fuir l'ire

Du Réel, vortex qui m'aspire,

Ciel, j'entends les arbres qui respirent

Tout craque, je sens venir le pire

Il doit bien me rester quelques heures

je suis mort mais tous les gens meurent

le sel des larmes, précieuse fleur 

croquant des nourritures célestes la peur.