Le réel m'emmerde au plus haut point alors je traque les pokemons malgré mon age très avancé mais pas assez pour passer pour sénile juste immature ou crétin profond. N'importe quel jeu vidéo m'excite plus que la plupart des choses de la vie pourtant c'est con, répétitif parfois moche mais c'est le moyen le plus facile de se retrouver ailleurs, d'être un autre ne serait-ce qu'un ersatz une ombre dans un monde presque parfait soumis à une implacable justice(pour les jeux où l'on gagne des niveaux et compétences ça doit bien avoir un nom, pokemon go en fait partie) car si l'on accomplit certains actes, la rétribution est automatique et immédiate. Tout cela est finalement très rassurant dans un monde où la mort rode et la vieillesse érode lentement mais surement les traits se froissent, les esprits s'embrument, les mémoires s'éclaircissent seulement dans le lointain, dans un réel lointain plus fantasmé que ce qu'il a été et qui n'a finalement plus grand chose de réel... Le passé, pensez vous, un monde sans smartphone ni phablette que dis-je sans même un téléphone portable presque la préhistoire, c'était réel ça? L'enfer sur terre, frère!

Les attentats récents ne m'ont pas aidé à vouloir regagner les rives du réel, je pense lamentablement plus souvent aux gens qui les commettent qu'à leurs victimes, chair à canon volontaire pour la mort que peut-être d'autres ont choisi pour eux murés dans un univers avec ses propres codes, ses canaux d'informations ou de désinformations (dans l'océan saturé du net allez trier...qui sait vraiment? A qui se fier et quand?), sa morale et son interprétation de la religion teinté de discours géopolitiques parfois saupoudré d'étonnantes bribes de poésie et surprennent autant qu'un oasis au milieu d'un désert de désespoir où ont trop soufflé les vents de la frustration parfois de la bêtise sèche et plus surement de l'ennui créateur et pourfendeur de rêves. La mort est un renvoi brutal au réel et à nos conditions d'êtres vivants, fourmis savantes souvent errantes, nous rêvons sans le savoir parfois de tâches à accomplir, un but quelquepart, un idéal, un monde rêvé justifiant nos sacrifices. La croyance à une autre vie, à quelque chose de plus important "après" semble être primordiale sinon on sera juste suicidaire et meurtrier sans héroïsme et probablement sans culte posthume, saints catholiques d'hier morts souvent dans d'atroces souffrances ou martyrs musulmans ou prétendus tels d'aujourd'hui(Ce rapprochement peut choquer et pourtant n'y a-t-il pas un incroyable désir de sainteté dans le meurtre de "mécréants" et "d'apostats"?) semant la mort pour faire pousser la leur, plus le semis est conséquent et plus le culte plante devra être fourni dans une logique d'hypercapitalisme cupide? Non tout cela ne semble pas mathématiques, d'autres critères entrent en jeu. Pour ceux qui ne croient pas en l'au delà et pire ceux qui ne peuvent pas comprendre que d'autres y croient sans être de crédules crétins aux âmes plates comme des spatules en bois tout cela semble incompréhensible mais je me dis que les assassins kamikazes ont eux aussi quitté le réel en pensant avoir trouvé une porte de sortie à celui-ci, un portail magique, mystique comme si ils gagnaient un max de xp pour leurs vies futures transformées par leurs actes meurtriers. Ils semblent évoluer dans une réalité parallèle ou la mort n'est qu'un passage, un passage important, essentiel réservés aux plus "saints" d'entre eux et ce sacrifice permet même à ce qu'il paraît d'intercéder pour un certain nombre de personnes choisies qui ne pourraient commettre ce sacrifice meutrier "djihadmirable". Le pire c'est que rien d'aussi fort n'est opposé à cela juste de vagues valeurs aux contours changeants, des désirs de vies normales enfin quoiqu'ils en soient rien de transcendant surtout que même si les profils des terroristes viennent de tous milieux beaucoup semblent promis comme une masse de non terroristes à ce qu'on pourrait qualifier des "vies de merde". Peut-être sans le vouloir redonnent ils de la valeur à ces vies de merde qui font sans doute rêver ces migrants prêts à tout sacrifier pour les vivre. Alors Roucools, aspicots, rattatas, piafabecs and co sont bienvenues dans notre réalité augmentée.